Mgmt

Oracular Spectacular

Oracular Spectacular

 Label :     Columbia 
 Sortie :    mardi 22 janvier 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Premier morceau, première écoute pénible. Sorte de bruit synthétique immonde, genre Duran Duran gonflé à l'hélium. Un truc qui donne très envie de s'enfiler du Motörhead volume maximal. De revenir aux fondamentaux quoi. Et puis... et puis arrive la seconde, la troisième écoute... etc...
Révélation. Le bruit (grosseuh production de Dave Friedmann) se délite très vite en de multiples mélodies farouches, puis éclot subitement l'évidence de chansons, quelques fois superbes, toutes cisaillées dans un buisson ardent où se cachent pêle-mêle electro-funk, folk hippie, psyché barré... enfin tout l'attirail du groupe des années 2000 qui veut faire son original à tout pris. Une musique étoilée avec une autre influence, celle-ci moins commune, qui sans primer la recouvre de son spectre strassé : le glam rock. À n'en pas douter, les deux garçons, car il s'agit ici avant tout d'un duo, ont biberonné leur album à la paillette lactée et aux cheveux décolorés. On pense à du Sparks moins fofolle ou à du Bowie bourré à 2 grammes 5.
De très bonnes références pour un album qui ne l'est pas moins, ou alors un tout petit moins. Pas parfait de bout en bout cet Oracular Spectacular. Mais de toute façon, difficile d'imaginer que MGMT eût pu faire mieux que cette suite en trois qui ouvre l'album : "Time To Pretend", "Weekend Wars", "The Youth". Les New-yorkais commencent sagement par investir le dancefloor sur fond de texte générationnel ('Let's make some music make some money find some models for wives / I'll move to Paris, shoot some heroin and fuck with the stars', programme intéressant) avant de finir sur un nuage à psalmodier des 'youth is starting to change' absolument divins. Aie aie aie...
Malgré une inaptitude manifeste à s'habiller correctement (le George Michael flashy du "Wake Me Up Before You Go Go" a fait des émules), les deux gus de MGMT sont loin d'être ridicule sur le plan qui nous intéresse, à savoir musical. Leur premier album, s'il n'est peut-être pas une tuerie complète, est au moins une jolie tentative d'assassinat.


Très bon   16/20
par Sirius


 Moyenne 14.25/20 

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Posté le 26 avril 2008 à 21 h 12

Les nouveaux représentants de la génération 'fluorescent adolescent' s'appellent MGMT. Un nom ridicule, un look ignoble au possible, mais un premier album qui attire l'attention. Oh, oui, bien sûr, il y a de grands risques pour que ce groupe soit oublié dans quelques mois comme... vous vous souvenez de ce groupe ? Non ? Normal... Alors, pourquoi faire attention à ce disque ?
Parce qu'il est plutôt bon, et intelligent. Ou, du moins, lucide. Ces deux jeunes savent bien ce qui les attend : être à la mode, puis être démodés. La chanson d'ouverture est le nouvel hymne d'une jeunesse éternellement désemparée face à son avenir (et même face à son présent, en général...). Vivre vite et mourir jeune, bon, c'est pas tout neuf, c'est le 'No Future' des Sex Pistols, à la sauce electo-synthético-chimico-fluoresent. Le duo écrit bien, pas de doute, et la chanson est percutante, dans son genre. Un futur hit, à n'en point douter. La chanson suivante, "Weekend Wars", moins électronique, laisse s'envoler, sur fond d'arpèges, la délicieuse et touchante voix du chanteur. Nouvelle démonstration de talent, le chant est habité, et certains passages du morceau évoquent Bowie. Bowie, on le retrouve dans "The Youth", l'influence est claire. Ce refrain chanté en chœurs aigus, qui se déforme en passant à une tonalité plus basse vers la fin du titre, créant une délicieuse désorientation de l'auditeur ; la mélodie sublimée par une dissonance fugace, c'est du Tin White Duke tout craché. "Electric Feel" rappelle l'efficacité de la scène New Rave, les Klaxons en particulier (ah mais voilà, ce sont eux, les Klaxons... Que sont-ils devenus ?). De même pour "Kids", imparable, avec sa mélodie simple et enjouée que l'on sifflote encore deux heures après l'avoir entendue. L'impression de légèreté, qui pourrait être de la futilité, du vide, est détrompée par la voix et les textes mélancoliques du chanteur. Malheureusement, tous les morceaux n'ont pas la qualités des premiers : "4th Dimensional Transition" (mis à part la deuxième moitié du morceau, dans laquelle ou croirait entendre, pour le coup, le vrai Bowie, sur fond d'un délicieux psychédélisme), "Of Moons, Birds And Monsters" (un poil années 80, un poil de trop...), "The Handshake" (morceau plus ou moins expérimental, évoquant vaguement Gorillaz sur la fin) et "Future Reflections" (trop faible pour un morceau de clôture) sont trop inégaux pour soutenir la comparaison avec les titres denses et puissants du début d'Oracular Spectacular. Au milieu de tout cela scintille la perle du disque, un morceau dépouillé, pur et touchant, très éloigné du synthétisme ambiant : "Pieces Of What", débutant sur un simple guitare/voix. Le chant rappelle celui du génial Black Francis dans les passages les plus pépères des Pixies (très peu nombreux, je vous l'accorde). La chanson est parfaite, sans avoir la tendance écœurante des tubes en puissances que contient la galette. Un petit trésor, en somme.
On a donc affaire à un album qui sera sans doute bientôt au summum de la hype, sûrement destiné à disparaître rapidement, mais qui reste pourtant un digne représentant d'un rock éphémère de qualité. L'inégalité du disque s'explique et se pardonne par le public auquel il est destiné, la génération vivant à toute vitesse, téléchargent les morceaux qui leur tombent dans les oreilles et les font immédiatement frissonner, voire danser, n'ayant pas le temps d'écouter attentivement l'ensemble d'un album. Pas grave, en somme.
Très bon   16/20



Posté le 29 juillet 2008 à 10 h 04

Je fais des efforts, oui, promis. Mais non, non et encore non. Entendons-nous, il y a ici des choses drôlement accrocheuses, prenons par exemple les mélodies synthés kitsch de "Time to Pretend" ou encore "Kids". C'est positivement moche, mais ça entre discrètement dans la tête, pour aller s'engluer dans un recoin sombre d'où il sera très difficile de les déloger. On se surprendra même à les siffloter lors de moments de relâchement. N'empêche, les sons synthétiques eighties, le débordement de clavier, et surtout les couinements nasillards haut perchés du chanteur rendent cet énorme bonbon acidulé extrêmement ardu à avaler. Du coup, on le léchouille par-ci par-là pour en venir à bout. Car il faut dire qu'il est généreux en saveurs cachées : au-delà de l'apparente simplicité des compositions, chaque morceau est riche en sons, les gimmicks s'ajoutant les uns aux autres, assurant à l'auditeur attentif des découvertes au fil des écoutes.
Si je raffolais du sucre et des couleurs fluos, nul doute que je m'entendrais avec Oracular Spectacular, et que nous passerions de longues heures à nous empiffrer de barbes à papa. Malheureusement, je suis diabétique.

Oracular Spectacular, un disque eighties, sournois et calorifique.
Moyen   10/20



Posté le 16 août 2008 à 18 h 46

M.G.M.T quatre lettres qui résonnent dans la tête et un nom de groupe résolument à part.
M.G.M.T intrigue, fascine, envoûte grâce à des mélodies mélangeants sons hypnotiques et électros ainsi qu'un univers fantaisiste à souhait...
Impossible de passer à côté de leur premier single, le tubissime "Time to Pretend". Placé au début de l'album, il annonce la couleur : rythmique, mélodie, refrain, tout s'emboîte à merveille pour créer un hymne rock-électro-psychédélique, véritable invitation à la transe."Weekend Wars", le second titre de l'album, s'inscrit dans le même schéma efficace tandis que "Electric Feel" et "The Youth" calment le jeu avec leurs accents mélancoliques.On commence à planer... L'excellent "Kids" et le génial "Of Moons, Birds & Monsters" nous rendent un peu plus accros. Les autres morceaux de ce premier opus ("The handshake" ou "Future reflections") bien que plus difficiles à écouter, nous plongent au plus profond dans l'atmosphère psychédélique et inspirée du groupe (également trés développée dans leurs clips, autres de leurs points forts).
Avec "Oracular Spectacular", M.G.M.T installe son statut de groupe inclassable et nous emmène dans un voyage musical hors normes et "spectaculaire" jusqu'à la quatrième dimension!
Bon   15/20







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