Sparklehorse

Vivadixiesubmarine Transmissionplot

Vivadixiesubmarine Transmissionplot

 Label :     Parlophone 
 Sortie :    mardi 26 septembre 1995 
 Format :  Album / CD   

"Quand les martiens ont découvert l'Amérique à la fin des années 60, pris de panique ils ont fait demi-tour illico. Tellement vite qu'ils en ont oublié un des leurs, le petit Mark..." (extrait de la biographie de Mark Linkous "My Kingdom For A Sparklehorse", par Neil Young, Alien edition, NY, 2023, trad. française: "Mark Linkous: Mon fils Ma Bataille").
Trente-cinq ans plus tôt, en France, j'ai dans les mains cet album au titre imprononçable: Vivadixietc... Du martien? On dirait bien... Je l'écoute au printemps, puis tout l'été qui suit. J'en loupe la coupe du monde, j'en oublie la rentrée. Il fait l'automne de bout en bout et, à Noël, je double encore l'harmonica de "Cows" après les cours du jeudi, en me balançant sur mes pieds.
Et j'entends quoi? Des murmures saturés qu'on me glisse à l'oreille, des incohérences en tout genre, et des guitares bancales qui tremblent à la fin des refrains. J'y entends la phrase que j'ai cherchée une vie durant, "pretty girl, milking a cow/ oh yeah...", sur le même "Cows" à la beauté bucolique incomparable, avec son banjo de faux cow-boy et sa batterie débonnaire qui part en carafe à la fin.
L'album est touffu, truffé de bruits bizarres: cassette qu'on rembobine, musiques de caroussels; pedal-steel et gimmicks à la va-comme-j'te-pousse.
Linkous empile ses visions, griffonne un sourire sur la face amère de la mélancolie ("Homecoming Queen" en est le plus que parfait exemple), et s'emporte parfois en accélérant le tempo (sur "Tears on Fresh Fruit" notamment, où la guitare sort les canines).
On connaît cet état: on vient de finir sa deuxième bière, c'est le cagnard; on titube, on sourit bêtement; les yeux nous tombent des orbites et on fixe le grouillement des insectes dans l'herbe. Toute la musique de Sparklehorse découle de cet instant.
Un peu magicien, un peu branleur, on se demande si Linkous fait exprès d'être aussi bon ou si c'est une maladresse de plus.
On éprouve un sentiment d'inachèvement sur chaque morceau; tout est toujours à la limite de rompre, de s'affaisser. Tout semble très fragile, rescapé d'on-ne-sait quelle over-dose (Mark, lui, le sait), tout semble s'excuser de vivre encore, comme un convalescent qui sourit pourtant devant cette vanité entr'aperçue. Un homme qui va dans la vie sans y croire, mais qui y va quand même, avec le coeur léger.


Exceptionnel ! !   19/20
par Greg


 Moyenne 18.50/20 

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Posté le 11 février 2007 à 18 h 40

A la manière de Eels ou Grandaddy, Sparklehorse a été une des grandes figures de l'indie rock des années 90. Et à l'écoute de cet album au titre impronoçable, on comprend très bien pourquoi Mark Linkous a influencé une tripotée de groupes.
Non content de posséder un talent mélodique fou, à faire palir de nombreux songwriters, Linkous arrive à créer son propre univers, mélange de bruits bizarres ("Homecoming Queen", "Little Bastard Choo-Choo"), de mélodies mélancoliques, et de pures chansons pop-noise.
Les mélodies vont droit au coeur. On peut même sentir la quiétude du ranch dans lequel il a enregistré ses chansons . La poignante "Cow", avec un refrain boulversant, de 7 minutes en est un parfait exemple, avec son penchant country. Linkous ne s'est pas souciée de la production, et c'est tant mieux. Les guitares raclent sur "Rainmaker", "Tears On Fresh Fruit", "Someday I Will Treat You Good" qui sont toujours aux services de mélodies imparables. Mais, au fond, on sait qu'il existe une tristesse lumineuse, porteuse d'espoir, là ou tout est à la limite de s'effondrer, là ou Mark murmure, comme s'il était à la limite de fondre en larmes. Rescapé d'une tentative de suicide, voulant se tuer en mélangeant du valium à des antidépresseurs, cet album est celui d'un mec bizarre, qui reste cloîtré dans sa chambre toute la journée pour ne pas voir la lumière du jour.
Par contre, cet album est celui que vous devez absolument posséder.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 06 mars 2007 à 18 h 55

Vivadixiesubmarinetransmissionplot. L'album est à l'image du nom: un bricolage à base de carton et de scotch mal collé, des bouts de ficelle et des punaises font tenir l'ensemble.
Mark Linkous est un génie de la mélodie parfaite. Toutes ces chansons sont sur le point de se casser la gueule, elles sont chantées d'une voix faible, fragile, d'un mec faible, fragile. Tout paraît le plus souvent timide ou faussement assuré. Dans tous les cas, la plupart des chansons frôlent la grâce divine. Cet album est un aller simple pour le rêve en carton-pâte, dans le théâtre de marionnetes de ton école maternelle. Ca parle d'oiseaux, de chevaux, de fruits, du rainmaker, de l'amour, tout est d'une poésie bouleversante. Linkous chante à moitié faux, ce qui rajoute au côté bricolo de cet album.
"Homecoming Queens", "Most Beautiful Widow In Town", "Sad & Beautiful World", "Gasoline Horseys", et surtout "Spirit Ditch", sont autant de perles de "chansons simples" qui pourtant touchent au sublime.

Vivadixiesub... peu importe le nom, cet ébauche d'album, est une des choses les plus touchantes qu'il m'ait été donnée d'entendre.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 30 juillet 2008 à 23 h 34

Une voix timide, une musique naïve...faite de bidouillages... Tel un enfant qui reste sur ses gardes observant la vie.
Album emplit de tristesse, de mélancolie; comme quelqu'un qui n'arrive pas à surmonter la confrontation entre la cruauté et la beauté du monde, quelqu'un qui n'arriverait pas à extérioriser ses sentiments, choqué devant ce spectacle.
Comment peut-on être témoin de ce mélange incohérent de haine et d'amour?
"Sad & Beautiful World"
Et cette dualité c'est la vie, et y faire face, essayer de comprendre cela ou plutôt de s'en persuader est dur. Un jour cette musique arrive et on se sent moins seul.
Cet album met en avant la vision de ce petit garçon s'inventant, se bricolant son monde imaginaire pour mieux affronter la vie.
Parfait   17/20







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