Discussions et Dérapages
Le féminisme et vous
 


Posté le 01 août 2008 à 15 h 37m 53s

Chose que n'a jamais faite mr november/narc/derrickette/monénormeculsurlaco
mmodequilacheaussitot


Posté le 01 août 2008 à 15 h 40m 47s

Le féminisme étant un mouvement qui prend place dans des rapports de force basé sur le critère du sexe et de son oppression par son opposé, il fait aussi parti du jeu qui s'opère dans la séduction et le sexe, qui sont à la base de notre société, de notre développement personnel et des enjeux entre hommes et femmes. Aborder les relations des uns aux autres c'est aussi aborder ces rapports de force dans la vie quotidienne et en cerner les problèmes et les évolutions, peut-être de manière plus simple et directe.

Ainsi, le féminisme a tout d'abord permi l'émancipation des femmes par leur liberté de jouir de leur corps par elles-mêmes et pour elles-mêmes. Ce qui recrée un lien social tout particulier et invite à repenser la place des hommes et des femmes les uns par rapport aux autres, puisque la sexualité conditionne les individus et définit dans une certaine mesure les bases et valeurs de toute société. Alors qu'en est-il dans une société post-moderniste comme la notre ?

Et justement, pourquoi ne pas aussi aborder le féminisme du point de vue des hommes, ceux qui finalement sont le plus à même de constater un changement de part leur intéraction extérieure avec les femmes ?

Et n'est-ce pas une victoire pour le féminisme que des hommes puissent eux aussi exprimer leur point de vue sur la place des femmes en en faisant non plus des objets de pouvoir et de soumission mais en en faisant leurs égales ou, dans le pire des cas, des êtres supérieurs ?

On peut aussi estimer que la féminisme en tant que tel n'a plus raison d'être, bien que les femmes souffrent toujours d'inégalités au plan économique et moral, tant les représentations sexuelles et sexuées (ou en l'occurrence devenues asexuées) ont évolué. Les hommes deviennent des femmes, les femmes deviennent des hommes. Quel juste milieu ?


Posté le 01 août 2008 à 15 h 43m 27s

Tu sers à quoi toi? Te voilà bien acrimonieux. T'as pas reçu ton sac de riz? On peut faire une collecte si tu veux. L'anorexie se soigne de nos jours, par contre la chirurgie plastique de la bite, non, tu devras attendre quelque années encore


Posté le 01 août 2008 à 15 h 44m 08s

Zemmour "c'est le prototype du macho, homophobe, limite raciste".

En plus c'est un juif berbère le gars.


Posté le 01 août 2008 à 15 h 48m 04s

Il est possible d'être journaliste au "Figaro" et anticonformiste. Eric Zemmour en a déjà apporté la preuve. Il récidive dans un court pamphlet incisif et iconoclaste : "Le Premier Sexe".

La thèse est simple : le "deuxième sexe", décrit il y a plus d'un demi-siècle par Simone de Beauvoir, est devenu le premier. Et même le seul. "L'homme est une femme comme les autres" et "le père... une mère comme les autres". Audiard, Ventura et Gabin sont morts et Michel Blanc incarne le nouvel idéal masculin. On est passé du monde du "Clan des Siciliens" à celui de "Trois hommes et un couffin" ou de "Je vous trouve très beau". Les causes de cette mutation radicale sont nombreuses.

La plus lointaine remonte à la grande ordalie de 1914 qui a dévalorisé les valeurs guerrières par sa débauche d'offensives vaines et d'héroïsme inutile. Dans la foulée, les femmes ont découvert l'usine et le féminisme. Et le féminisme l'arme absolue en disqualifiant le "macho". L'idéologie 68, "peace and love", a permis une nouvelle avancée des valeurs féminines. Et le capitalisme, puissante machine créant et vivant de l'indifférenciation, y a trouvé son compte ; les femmes sont devenues des producteurs comme les autres, tirant le coût des salaires à la baisse ; et les hommes des consommateurs comme les autres, créant de nouveaux débouchés aux multinationales de la fringue et de la frime. Les pygmalions du monde nouveau sont les homosexuels – pardon : les gays – et les images qu'ils véhiculent à travers la mode et la publicité façonnent les esprits et dévirilisent les hommes. L'homme moderne, ouvert à la publicité, s'épile, se pomponne, se parfume, s'achète des dessous et des bijoux et tout ça c'est bon pour la croissance !

Les conséquences de cette évolution sont nombreuses. C'est l'affaiblissement, sinon la disparition, du modèle masculin traditionnel : l'individu combatif, conquérant, courant des risques. Le sentimentalisme remplace l'énergie, l'émotion, la raison, la compassion, le conflit.

Sur les ruines de l'individu s'érige une nouvelle valeur : le couple. La société vit à l'ère de la "couplisation" éphémère qui prend la place de la famille inscrite dans la lignée de l'hérédité et de l'héritage. Dès qu' "il y a un problème dans un couple", il se brise au détriment de la famille et des enfants. Dans cette société féminisée, où le "couple" est l'alpha et l'oméga de la vie sociale, il y a "de plus en plus d'enfants sans pères et donc sans repères".

Dans cette société féminisée, la politique, qui est conflit, qui est combat (la distinction ami/ennemi, chère à Carl Schmitt), s'éloigne de son champ d'origine. Le vote n'est plus utile, il est futile. Longtemps "macho", Jacques Chirac devient et redevient président de la République, en se coulant dans la communication soft et conforme que lui prépare sa fille. Les priorités de son quinquennat sont la lutte contre le cancer, la lutte contre l'insécurité routière, la lutte contre le handicap, bref, un "beau programme pour président du conseil général".

Cette évolution (involution ?) produit aussi une perte de dynamisme de la société qu'Eric Zemmour attribue moins au vieillissement qu'à la féminisation : car la femme conserve, elle ne crée pas, elle ne transgresse pas. L'érection (si l'on ose dire) du "principe de précaution" en principe central de la société ne va pas, il est vrai, dans le sens de l'innovation et de la rupture !

Dernier point soulevé par Eric Zemmour, la persistance de modèles masculins chez les minorités ethniques et religieuses. Ainsi "Le jeune Arabe est le non-dit le plus lourd de la société française" car "il appartient à un univers ou les hommes ne sont pas féminisés". L'auteur retrouve ici une thèse développée par Alain Soral dans "Misères du désir". Eric Zemmour voit même dans l'agression dont furent victimes de la part de Noirs et d'Arabes des jeunes Blancs, lors de la manifestation lycéenne du 8 mars 2005, une conséquence de la féminisation : pour lui c'est moins comme "riches" ou comme "blancs" qu'ils furent tabassés que comme "jeunes hommes gonzéifiés et méprisés". C'est aussi à travers la féminisation de la société qu'Eric Zemmour interprète la crise identitaire des "jeunes juifs des quartiers populaires" qui "ont, eux aussi, trouvé une virilité par procuration, ils sont sionistes". Eric Zemmour n'en parle pas, mais il y a aussi d'autres groupes de jeunes hommes blancs virils ou machos : skinheads, supporters de foot, militants d'extrême droite, mais ceux?là sont, il est vrai, d'autant plus marginalisés qu'ils sont l'objet d'une répression très sélective.

Au terme de l'ouvrage on s'interroge avec l'auteur sur les suites possibles du phénomène ainsi décrit : la disparition programmée par crise démographique et crise d'énergie d'un peuple français féminisé ? Son remplacement par les minorités ethniques restées viriles ? Un réveil progressif des modèles masculins, comme on l'a vu aux Etats-Unis où l'idéologie cow-boy remplace progressivement le féminisme des années 70 ?



complètement délirant son bouquin, je trouve...


Posté le 01 août 2008 à 15 h 49m 34s

Zemmour sur un plateau télé je connais pas et je m'en fous. Ce qu'il dit dans son bouquin est ardu, souvent provocateur, mais il pose de vraies questions et dresse un constat alarmant de la féminisation de l'homme à des fins commerciales, et à ses futurs désastres sur l'éducation.
Plusieurs de mes amis l'ont lu, apprécié, et on ne peut pas franchement dire qu'ils soient de droite.


Posté le 01 août 2008 à 15 h 50m 18s

Oui bon je crois que tu en parles mieux que moi.


Posté le 01 août 2008 à 15 h 52m 19s

C'est un copié/collé au fait


Posté le 01 août 2008 à 15 h 53m 24s

Exact, Private

c'est qui est le plus intéressant et le plus difficile à faire admettre. Egalement à admettre soi-même.

Car même quand on est soi-même dans un groupe oppressé, déconstruire les préjugés sexistes, racistes, homophobes inculqués le plus souvent de nos jours implicitement, relève d'un choix personnel et d'un travail continu.

Histoire d'être grandiloquente, c'est le premier travail philosophique à la portée de tous et toutes. Connaître nos opinions, les mettre toute à l'épreuve et les soumettre à notre jugement en essayant de s'éclairer le plus possible.

La question de la déconstruction des genres, popularisée autour des Gender Studies aux Etats-Unis et Judith Butler a su montrer la difficulté qu'on a de remettre en cause quelque chose qui paraissait évident depuis des lustres, au même titre que jadis l'infériorité des Noirs, des femmes, l'existence de Dieu : l'existence de deux sexes.

Je sais personnellement que je n'aurai certainement jamais progresser dans ma compréhension des autres sans le secours d'autres (militantEs ou pas), ni le secours de boukins (pointus ou pas) sur des questions comme le voile, la prostitution, la sexualité, le porno, le capitalisme.


Posté le 01 août 2008 à 15 h 57m 23s

Intéressant, j'étais plutôt d'accord avec les premiers paragraphes mais en fait ce résumé montre que c'est bourré d'amalgames et de conneries en tout genre, et surtout ces dérives de la société qui peuvent s'avérer vraies sont loin d'être à attribuer aux femmes et aux homosexuels. C'est même dégoûtant de lire autant de liens dressés à la vite et d'accusations. Et c'est oublier que la capitalisme est un néo féodalisme où c'est l'homme viril (mais ça veut rien dire, y a des homos virils et les hommes sensibles existent depuis toujours et n'ont jamais mené une société à sa perte) qui s'érige toujours en maître. Tout comme les grattes-ciels sont une marque de la constance de la phallocratie dans les imaginaires et inconscients de chacun.


Posté le 01 août 2008 à 16 h 00m 39s

Petite parenthèse : j'ai jamais compris pourquoi les homos se proclamaient "actifs" ou "passifs". Comme si le fait d'être actifs les rendaient moins homo!


Posté le 01 août 2008 à 16 h 02m 43s

"Et justement, pourquoi ne pas aussi aborder le féminisme du point de vue des hommes, ceux qui finalement sont le plus à même de constater un changement de part leur interaction extérieure avec les femmes ?"

> UpToTheSkies, ce n'est pas ce qui était fait sur ce forum. Il ne me semble pas en tout cas. Le sujet abordé n'était pas le féminisme, mais plutôt le "c'est pas cool, les nanas, on ne peut pas les baiser comme on veut, ouin !!!" Parler du féminisme, c'est autre chose que de parler de sa bite, non ?

"Car même quand on est soi-même dans un groupe oppressé, déconstruire les préjugés sexistes, racistes, homophobes inculqués le plus souvent de nos jours implicitement, relève d'un choix personnel et d'un travail continu."

> Et oui, Serket. Alors bien entendu, quand on fait partie du groupe dominant, et qu'on n'a aucune raison de se poser des questions, il est plus simple de pontifier sur le communautarisme, par exemple.


Posté le 01 août 2008 à 16 h 07m 28s

Je suis d'accord, mais pourquoi tu ramènes ça à une histoire de sexe, personnellement dans mon exemple (ou complainte, pourront penser certains) je parlais d'une relation amoureuse avant tout.

Une relation ça se crée, ça évolue, ça fixe des dominants et des dominés. Quand on parle de drague difficile, ça résume un état d'esprit actuel et révélateur, aussi bien sur les relations et psychologies actuelles des hommes ET des femmes. Dans le fait d'avoir une image du sexe opposé et de la renvoyer. Ce sont des détails, ça peut se lire comme quelque chose de futile, mais ça veut aussi dire quelque chose. Je suis persuadé que tenir ce genre de discours sur la drague n'aurait pas été possible auparavant dans un monde exclusivement dominé par les hommes.


Posté le 01 août 2008 à 16 h 20m 02s

Je veux bien UpToTheSkies, mais cet état d'esprit en reste à l'état de simple ressenti. Cela révèle quelque chose seulement si tu as les clés à l'avance pour l'interpréter. Il ne me semble pas que ce soit si simple que ça de se dire que, si les hommes aujourd'hui sont obligés de jouer à égalité dans les rapports de séduction ou de sexualité, c'est parce que les femmes auparavant se sont battues pour conquérir leur liberté. Et donc c'est une bonne chose qu'on ne puisse pas avoir toutes les nanas à nos pieds, ça veut dire qu'elles sont libres. Une fois qu'on se dit ça, et qu'on est un mec hétérosexuel, la prochaine fois qu'on veut séduire une charmante dame ou demoiselle, on l'aborde comme un être humain libre et non comme une proie à mettre dans son lit. Voili-voilà.


Posté le 01 août 2008 à 16 h 25m 04s

Ah mais entièrement d'accord !

C'est exactement ma pensée et mon comportement.

Je ne justifiais pas la phallocratie ou déniais aux femmes leur liberté. Mais si la question du féminisme et de la sexualité est soulevée c'est que ça apporte son lot de complications et d'interférences dans les relations, ce qu'il faut analyser, comprendre, établir. La question mérite d'être vue sous différents angles.




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